À l’approche de la fin de la trêve hivernale, le 31 mars 2026, le médiateur national de l’énergie publie les chiffres 2025 des interventions pour impayés (coupures et limitations de puissance en électricité, coupures de gaz naturel).
Des limitations de puissance de plus en plus fréquentes, privilégiées aux coupures
En 2025, 1,2 million d’interventions pour impayés ont été réalisées à la demande des fournisseurs d’énergie, soit une baisse globale de 3,7 % par rapport à 2024.
Alors que les coupures de gaz ont augmenté de près de 4 %, passant de 105 176 en 2024 à 108 962 en 2025, les fournisseurs d’électricité ont privilégié les limitations de puissance aux coupures :
- Les coupures d’électricité ont diminué de 30 %, passant de 203 767 en 2024 à 143 625 en 2025.
- Les limitations de puissance en électricité poursuivent leur progression, atteignant 948 000 en 2025 contre 937 000 en 2024.
Les réductions de puissance constituent désormais la mesure privilégiée par les fournisseurs, enclins à satisfaire la demande du médiateur national de l’énergie et de nombreuses associations de ne plus couper l’électricité chez leurs clients. Téléopérées à distance, elles permettent de maintenir un accès minimal à l’électricité. Elles traduisent néanmoins des difficultés persistantes pour de nombreux ménages, puisque leur nombre a été multiplié par 3,5 entre 2019 et 2025.

Une précarité énergétique toujours forte
Les 1,2 million d’interventions pour impayés enregistrées en 2025 témoignent des difficultés croissantes des consommateurs à faire face à leurs factures d’énergie.
Le baromètre du médiateur national de l’énergie, publié en octobre 2025, mettait en évidence une situation préoccupante :
- 36 % des ménages déclaraient rencontrer des difficultés pour payer leurs factures d’énergie (contre 28 % en 2024) ;
- 35 % déclaraient avoir souffert du froid dans leur logement (contre 30 % en 2024 et 14 % en 2020).
L’électricité étant un bien de première nécessité, le médiateur national de l’énergie réitère sa demande d’interdiction totale des coupures d’électricité pour impayés, tout au long de l’année, assortie de la garantie d’un niveau minimal de fourniture pour tous.
Chèque énergie : réautomatiser son attribution dès 2027
La campagne 2025 a mis en évidence les limites du dispositif d’attribution semi-automatique. En 2024, 5,6 millions de ménages avaient bénéficié du chèque énergie, contre seulement 3,8 millions de bénéficiaires l’ayant reçu automatiquement en 2025.
La suppression de l’attribution entièrement automatique a accru le risque de non-recours, en particulier pour les ménages les plus fragiles.
Le médiateur national de l’énergie propose :
- une réautomatisation complète du chèque énergie dès 2027 ;
- un critère unique fondé sur le revenu fiscal de référence rapporté au nombre d’unités de consommation ;
- une attribution reposant exclusivement sur les données fiscales déjà disponibles.

« La suppression de l’automaticité du chèque énergie a complexifié l’accès au dispositif et fait peser un risque accru de non-recours pour les ménages les plus fragiles. Je formule le souhait de voir l’attribution du chèque énergie réautomatisée en 2027 sur la base d’un critère unique fiable, ce qui permettrait de garantir un versement plus simple, plus rapide et plus équitable. »
— Bernard Doroszczuk, médiateur national de l’énergie